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    "Si l’Argentine ne s’était pas qualifiée, j’irais vivre en Haïti", a lancé Maradona

    Même menacé de sanctions par la FIFA, le bouillant sélectionneur continue d’invoquer la légitime défense pour justifier ses propos outranciers contre la presse argentine

    vendredi 23 octobre 2009, Radio Kiskeya


    L’ancienne idole du football mondial et actuel sélectionneur de l’équipe d’Argentine, Diego Armando Maradona, a déclaré jeudi à Buenos Aires qu’il n’aurait d’autre choix que de s’installer en Haïti si la sélection "albiceleste" ne s’était pas qualifiée pour le Mondial 2010.

    "Si nous autres, nous étions restés en dehors du Mondial, il ne me resterait plus qu’à aller vivre en Haïti", a affirmé de façon surprenante le champion du monde de 1986 dans une interview fleuve à la télévision publique argentine Canal 7 relayée par la presse locale.

    Maradona, qui ne s’est pas expliqué sur le sens de son éventuel exil sportif en Haïti, a tenté, une nouvelle fois, de justifier ses grossièretés au caractère sexuel explicite qui avaient fait le tour de la planète après la qualification in extremis de son pays pour la Coupe du monde 2010.

    L’ancien "Pibe de oro" souligne qu’il en avait assez des critiques de la presse contre la sélection argentine de football qui ne visaient qu’à le détruire personnellement.

    La FIFA a ouvert une procédure disciplinaire contre le très agité entraîneur qui pourrait lui coûter au moins cinq matches de suspension et une amende de 20.000 dollars.

    Agonisante depuis le début de l’ère Maradona, il y a quelques mois, l’Argentine avait finalement, au bout du suspense, validé son billet pour le Mondial en battant l’Uruguay (1-0) à Montevideo le 14 octobre, lors de l’ultime journée des éliminatoires en Amérique du Sud. spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6273

    Narcotrafic : Haïti parmi 16 pays ayant participé à un sommet régional sur la drogue

    Le renforcement de la coopération entre les pays concernés et la consolidation de la sécurité et de la justice, points de focalisation de la troisième réunion ministérielle consacrée à la drogue, la sécurité et la coopération

    dimanche 25 octobre 2009, Radio Kiskeya


    Une délégation haïtienne a pris part à la IIIe réunion ministérielle sur le problème mondial des drogues, la sécurité et la coopération qui s’est achevée samedi à Mexico en présence de représentants de 16 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

    Selon une dépêche de l’agence mexicaine Notimex, dans la déclaration finale de ce sommet régional adoptée à l’issue de deux journées de travail, tous les ministres et chefs de délégation ont estimé que la guerre contre le narcotrafic ne pourra être gagnée sans des forces de sécurité et des institutions judiciaires d’une grande solidité.

    Tablant sur une coopération étroite entre les pays de la région touchés par le fléau, les participants ont également convenu d’explorer la possibilité de consacrer au renforcement des institutions engagées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants les ressources des réseaux de narcotrafiquants confisquées.

    D’autre part, l’accent a été mis sur la nécessité de réduire le pouvoir économique des réseaux de trafiquants à travers la lutte contre le blanchiment d’argent.

    Dans le dernier rapport annuel du gouvernement américain sur le narcotrafic au niveau planétaire, Haïti et la République Dominicaine (les deux républiques de l’île d’Haïti ou Hispaniola) figuraient parmi les 20 principaux pays producteurs ou de transit. spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6276

    Ultimes hommages émouvants à Emilie Damier, figure engagée du monde médical

    Des personnalités et représentants de plusieurs secteurs ont assisté aux funérailles

    dimanche 25 octobre 2009, Radio Kiskeya


    Les émouvantes funérailles de la militante sociale et infirmière de carrière Emilie Damier ont été chantées samedi en l’église Sainte-Thérèse de Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince) devant une assistance nombreuse composée de la famille éplorée, d’amis proches, de professionnels de la santé et de représentants de la classe politique.

    Etaient notamment présents l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, les membres de l’association nationale des infirmières licenciées d’Haïti (ANILH) et de l’association médicale haïtienne (AMH), les leaders de l’Alyans Demokratik, Evans Paul, de la Fusion des sociaux-démocrates, Victor Benoît ainsi que l’ex-candidat à la présidence de ce parti, Serge Gilles. Ce dernier, qui a porté avec d’autres le cercueil, a souligné qu’il fut le prof d’Emilie et de son frère Dr Débussy Damier en classes secondaires avant de s’exiler en France dans les années 60, sous la dictature de François Duvalier.

    Il a décrit la disparue comme une femme très engagée professionnellement et socialement.

    S’exprimant en des termes similaires, Evans Paul a estimé que le départ prématuré de Mme Damier représentait une perte colossale pour Haïti.

    Lors de la cérémonie funèbre, le célébrant principal, le père Norvéla Garçon, a rappelé, sur fond de considérations philosohiques relatives à la mort, que la défunte était profondément attachée à la vie et avait beaucoup contribué à la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles en Haïti (MST).

    Très impliquée dans la vie associative et les initiatives citoyennes après le départ des Duvalier, en 1986, Emilie Damier, diplômée d’études supérieures en sciences infirmières, fut la présidente-fondatrice de l’ANILH.

    Agée de 61 ans et célibataire, Mme Damier est décédée le 11 octobre dernier à Montréal d’un cancer dont elle a été opérée sans succès.

    Elle était l’unique sœur du Dr Débussy Damier, médecin de carrière, ancien vice-président du Conseil électoral provisoire et ami indéfectible de Radio Kiskeya. spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6277

     

    Haïti : Les mouvements sociaux se préparent à intégrer l’ALBA

    lundi 26 octobre 2009

    P-au-P, 26 oct 09 [ AlterPresse] --- Des organisations de divers secteurs sociaux haïtiens réunis au sein du Réseau du mouvement social haïtien (Remosa) se préparent à demander leur intégration à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba).

    Le réseau intègre des organisations des 10 départements géographiques du pays, indique le coordonnateur du Remosa, Lafond Max-Dialy, au cours d’une conférence de presse à laquelle a assisté AlterPresse.

    Le Remosa, ayant à sa tête un comité de 9 membres, entend souder toutes les forces du pays autour de l’idée d’aller vers l’Alba. Le coordonnateur du mouvement annonce que le comité compte, dans les jours qui viennent, soumettre formellement sa demande d’adhésion à l’Alba.

    Parmi les organes de l’Alba, figure le conseil des mouvements sociaux, qui bénéficie d’un statut égal à celui du conseil des ministres.

    Même sans une adhésion du gouvernement haïtien, les organisations qui le souhaitent peuvent établir une coopération avec l’Alba.

    Une quarantaine de pays et territoires ont pris part au dernier conseil des mouvements sociaux de l’Alba, alors que seulement 10 pays de la région sont membres de cette alliance.

    Lors du dernier sommet des pays membres les 16 et 17 octobre à Cochabamba (Bolivie), l’Alliance a défini un ensemble de dispositions, notamment l’adoption à venir d’une monnaie commune, le SUCRE (système unique de compensation régional). Cette monnaie devra remplacer le dollar dans les transactions commerciales entre les pays de l’Amérique Latine.

    Les membres de l’Alba se sont également entendus sur la position à adopter lors du sommet de Copenhague en décembre prochain. Ils prévoient de réclamer la responsabilisation des pays riches dans la dégradation de l’environnement planétaire.

    Outre l’idée de créer une compagnie pétrolière commune, les chefs d’États ont décidé à l’issue du 7e sommet d’élaborer une stratégie de défense militaire conjointe.

    Se voulant un espace de coopération, l’Alliance a déjà créé une chaine de télévision, Telesur, pour contrer les grands réseaux de télédiffusion américaine et mondiaux. [kft gp apr 26/10/2009 00:30]

    http://www.alterpresse.org/spip.php?article8922#

    Football : Haïti fait un bon dans le dernier classement de la FIFA

    Haïti a gagné vingt-trois places dans le dernier classement de la Fédération Internationale de Football FIFA, publié en fin de semaine dernière. Les Grenadiers occupent désormais la 86ème place avec un total de 377 points.
    C'est le meilleur classement d'Haïti depuis 2007 au cours de laquelle elle avait occupé la 66ème place mondial ; classement dû en particulier au titre de champion de la Caraïbe gagné à Trinidad et des succès contre des formations huppées de la Concacaf comme le Honduras et le Salvador, au cours de la même année.
    L'équipe haïtienne qui n'a pas joué de match international depuis son élimination en quart de finale de la Gold Cup contre le Mexique, profite encore du bonus de son match nul face aux Etats-Unis de l'été dernier et des contre- performances d'autres équipes préalablement mieux classées qu'elle.
    A noter qu'aucun calendrier international n'est disponible quant à l'agenda de léquipe national qui n'a pas été choisie par le ministère à la jeunesse et aux sports pour participer aux jeux de la Francophonie qui se sont déroulés au Liban.
    GR

    http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15977

    Les activités du 10ème forum de la Grande Caraïbe se poursuivent en Haïti

    Plus d'une centaine d'investisseurs assistent depuis mercredi à Port au Prince au 10ème forum de la grande Caraïbe.
    Organisé par le ministère du Commerce et l'Association des États de la Caraïbe, le 10e forum des entreprises de la Grande Caraïbe se déroule autour du thème « Construisons des partenariats dans la Grande Caraïbe ».
    A l'ouverture de la conférence, le ministre haïtien des affaires étrangères, Dr Alrich Nicolas, s'est dit très reconnaissant de la tenue du 10ème forum des entreprises de la Caraïbe en Haïti.
    Le pays vient de confirmer son retour sur l'échiquier politique et diplomatique régional et international avec l'organisation de différentes conférences internationales au cours des deux dernières années a précisé le chancelier haïtien.
    Pour sa part le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Haïti Dr Réginald Boulos, dit espérer que ce forum va favoriser La création d'emplois dans le pays tout en mettant l'accent sur la nécessité d'un partenariat de développement entre les entreprises caribéennes et celles d'Haïti.
    RD .

    http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15978

    Des bidonvilles de Carrefour sous la menace d'une nouvelle inondation

    Des résidents du quartier de Bizoton à Carrefour ont organisé une manifestation de protestation hier afin de réclamer le curage des lits de quelques ravines de la région. Les citoyens estiment qu'une intervention urgente des autorités gouvernementales et municipales est indispensable afin d'éviter de nouvelles pertes en vie humaine dans le quartier.
    Un résident explique que leur quartier est encerclé par 4 ravines dont les lits non pas été curés. Les fortes averses de mardi soir avaient provoqué l'inondation d'une centaine de maisonnettes dans ce bidonville situé non loin de la garde côtière.
    Dans ce quartier deux personnes ont été emportées par les ravines en crues. 8 maisonnettes ont été détruites en raison de glissement de terrain signalent des résidents avouant qu'ils ont pu trouver refuge sur les toits de certaines maisons.
    La manifestation a permis aux résidents de dénoncer la négligence de l'Etat haïtien. Les manifestants réclament des loaders et d'autres engins pouvant permettre de nettoyer les lits des ravins dans le meilleur délai.
    Dans le collimateur des manifestants, le maire de Carrefour Yvon Jérôme et le ministre des Travaux Publics, Jacques Gabriel. Les résidents de Bizoton font remarquer que le député et les autres autorités locales ne se soucient guère de leur situation puisqu'elles n'ont effectué aucune visite sur le site.
    Outre Bizoton, d'autres bidonvilles de Carrefour à Thor et Bois Dioute notamment craignent de nouvelles inondations. 5 personnes avaient été tuées lors des inondations du mardi 20 octobre.
    Certaines informations avaient fait état de plusieurs personnes disparues après les fortes averses qui s'étaient abattues sur la région métropolitaine.
    LLM

    http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15979

    L'ambassadeur dominicain condamne l'assassinat de 4 ressortissants haïtiens.

    L'ambassade Dominicaine à Port au Prince condamne l'assassinat de 4 ressortissants haïtiens dans la localité Boca de Cachón (Jimaní)
    Les victimes selon les premières informations font partie d'un groupe d'Haïtiens (environ une vingtaine) qui auraient abattu des arbres sur le territoire dominicain pour la fabrication du charbon de bois.
    L'ambassadeur de la République dominicaine en Haïti, l'historien Ruben Silie, a condamné ce vendredi au micro de Radio Metropole l' assassinat de ces compatriotes
    Le diplomate informe qu'une enquête est en cours pour déterminer les circonstances dans lesquelles ces haïtiens ont été tués
    Pour sa part le commissaire de police de Malpasse, Vanel Lacroix cité par le journal ‘'‘le Matin ‘' indique que le contact est maintenu avec les autorités dominicaines en vue de retrouver les cadavres de ces compatriotes pour les rapatrier en Haïti
    Les premiers éléments de l'enquête, selon le commissaire de police portent à croire que ces actes sont l'œuvre de militaires dominicains.
    Un projectile, extrait du corps de l'un des survivants lors d'une opération chirurgicale, permettra de déterminer l'arme du crime, a-t il souligné
    On notera que les habitants de Malpasse avaient manifesté cette semaine leur mécontentement suite à ces actes odieux envers des haïtiens.
    RD

    http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15980

    La coopération espagnole et ses activités culturelles en Haïti

    Dans le but d’accroître l’offre culturelle en Haïti, l’ambassade d’Espagne en Haïti (AEH) et l’Agence espagnole de coopération et développement (AECID) sont en train d’organiser avec divers partenaires locaux maintes activités pour le public haïtien.
    Ces activités culturelles de l’ambassade espagnole et de l’AECID qui se concrétisent à travers son Bureau technique de développement (BTD) sont basées sur des expositions, de la photographie, du théâtre, des documentaires et des ateliers.
    Parmi ses prochaines activités, le vernissage d’une exposition d’affiches sur les droits culturels qui sera lancé le 15 octobre prochain à la Fokal. Se tiendra aussi un atelier d’initiation aux droits culturels de trois jours, du 21 au 23 octobre.
    Pour le mois de novembre est prévue une exposition de photographies qui abordera le sujet de la frontière et qui réunira l’œuvre de photographes haïtiens et dominicains.
    Selon les responsables de la Coopération espagnole, l’idée d’accroître l’offre culturelle de l’AECID entre dans les préparatifs pour l’ouverture d’un Centre culturel espagnol (CCE) à Port-au-Prince.
    L’ambassade d’Espagne en Haïti et l’AECID ont présenté un ensemble d’activités qui ont déjà pris part aux mois précédents. Durant le mois de septembre, l’AEH et l’AECID avaient participé à l’organisation du festival de théâtre Quatre Chemins, qui s’est déroulé à la Fokal et à l’Institut français d´Haïti avec une programmation théâtrale variée pour des spectateurs de tout horizon. Ce festival s’était adressé aux jeunes créateurs de théâtre, tout particulièrement à ceux qui viennent des quartiers urbains défavorisés, en participant financièrement à la production de leurs spectacles.
    Le 6 octobre dernier, l’AECID était présente, en tant que partenaire financier, à l’avant première du dernier film documentaire d’Arnold Antonin intitulé « La sculpture peut-elle sauver le village de Noailles ? Ou les boss-métal de la Croix-des-Bouquets». D’autre part, l´Espagne, dans son souci d’appuyer l’éducation et la créativité locales, participe au projet Ciné Institute avec la participation du metteur en scène Hermes Marco qui, du 6 au 15 octobre, dirigera un atelier de cinéma pour les étudiants de Jacmel.
    Source : HPN

    http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=20845

    Haïti : quand adoption rime avec transaction

    (Syfia / Haïti). Haïti est un des principaux « fournisseurs » d’enfants adoptables. Une filière quasi commerciale s’y est installée, basée sur la loi du marché plus que sur une logique d’aide à l’enfance. Beaucoup d’enfants adoptés ont encore leurs parents…
    Sur le tarmac surchauffé de l’aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince, pas un jour ne passe sans qu’un enfant d’Haïti n’embarque sur un vol international, accompagné de ses parents adoptifs ou d’un représentant d’un organisme d’adoption. Beaucoup partent vers l’Europe : Haïti est en effet devenu un gros «fournisseur » d’enfants adoptables : le premier pour la France, un des principaux pour la Belgique et la Suisse. Plus de 400 petits Haïtiens sont adoptés chaque année en France et une cinquantaine en Belgique. Dans ce pays, leur nombre est en baisse, « notamment à la suite d’une campagne qui dénonçait les mauvaises pratiques d’adoption en Haïti », explique Gerrit De Sloover, le vice-consul honoraire de Belgique en Haïti, consultant sur les questions liées à l’adoption internationale.
    De 300 à 400 dans les années 1990, le nombre de dossiers d’adoption internationale d’enfants haïtiens déposés par an à Port-au-Prince, à l’Institut du bien-être social et de la recherche (IBESR) est aujourd’hui compris entre 1 000 et 1 500. Exactement 1 367 pour la période d’octobre 2007 à octobre 2008. Cette augmentation résulte du fait qu’Haïti est un des rares pays à n’avoir pas encore ratifié la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, qui fixe un cadre éthique clair et pose comme principe qu’un enfant n’est adoptable que lorsque aucune famille ne peut l’accueillir dans le pays même.

    Business

    Souvent portée par un vrai désir d’enfant du côté des parents, l’adoption internationale apparaît sur le terrain comme un véritable business. En 2005, la procédure pouvait coûter aux adoptants entre 5 000 et 6 500 $ US en moyenne, selon l’Unicef, y compris les frais d’avocats engagés par les crèches et ceux de procédure. Aujourd’hui, on approche des 10000 $ US. L’offre a toujours existé du côté haïtien, témoigne Geerit De Sloover, mais la demande a augmenté récemment. Les maisons d’enfants ont dès lors pullulé dans le pays. En 2008, 66 crèches étaient accréditées par l’IBESR (contre 47 en 2005), dont une majorité à Port-au-Prince. Mais leur contrôle par l’Institut est problématique, compte tenu du manque de moyens de l’institution et du manque de volonté de sa part. Aux dires du directeur adjoint de l’IBESR lui-même, M. Casseus, les crèches seraient beaucoup plus nombreuses que celles accréditées par l’Institut, « près de deux cents», lâche-t-il, sans en avoir l’air très certain.
    Selon l’Unicef, « l’adoption internationale via des organisations privées qui n’ont pas reçu l’autorisation est malheureusement possible ». « Je connais des cas où des crèches non reconnues sous-traitent à des crèches accréditées», affirme Gerrit De Sloover. Car « parfois, certains n’ont pas assez d’enfants ‘en stock’, explique X. V., directrice depuis dix ans d’une crèche à Port-au-Prince. Ils vont donc en chercher ailleurs » pour répondre aux désirs des parents adoptifs. « J’ai reçu nombre de courriels de parents, toujours les mêmes : ‘‘nous avons l’autorisation d’adopter, nous cherchons un enfant, une fille’’ », poursuit-elle.

    Contrôle de pure forme

    Les petits qui présentent des «défauts » ne sont guère prisés : les plus âgés et les malades ont peu de chance d’être adoptés et certaines crèches tournées exclusivement vers l’adoption internationale ne les acceptent pas. De plus, la majorité des enfants adoptés en Haïti ont toujours des parents en vie, soit les deux, soit l’un d’eux, une tante, une grand-mère... à qui ils sont littéralement « achetés » pour être confiés aux adoptants. « Il semblerait que certaines crèches donnent de l’argent à la famille », reconnaît M. Casseus. Le plus fréquent est que des gens liés à la crèche recherchent activement des mères pauvres et leur proposent de mettre leurs petits en adoption. « Une fois les papiers signés, on va leur expliquer ce qu’est l’adoption. Ce n’est pas illégal, mais illégitime et abusif », explique Gerrit De Sloover, qui estime cependant que ces cas seraient moins nombreux qu’en Inde.
    Parfois, l’initiative vient des parents. On a beaucoup parlé de vente d’enfants en Haïti. Le cas d’une maman ayant vendu les deux siens pour 500 gourdes (10 €) a fait du bruit. « Les parents, dans l’incapacité de s’occuper de leurs enfants, viennent les placer », explique X. V. L’absence de sécurité sociale, de garantie pour les vieux jours, le haut taux de mortalité infantile poussent les parents à avoir beaucoup d’enfants dans l’espoir que quelques-uns s’occuperont d’eux plus tard. Pour le directeur adjoint de l’IBESR, de nombreux parents sont conscients de ce qu’ils font lorsqu’ils placent leur enfant dans une crèche, et se bercent d’illusions en se disant qu’un jour celui-ci les fera voyager... La législation haïtienne, en effet, ne reconnaît pas l’adoption dite plénière qui implique une rupture des liens de filiation avec les parents biologiques. Elle entre ainsi en contradiction avec nombre de législations étrangères. Au moment de donner leur consentement, beaucoup de parents ne sont pas bien informés, et de plus, une majorité signent des documents qu’ils ne savent pas lire (Voir encadré « On a signé pour 18 ans »).

    Limiter l’adoption individuelle…

    Selon la législation haïtienne actuelle, l’IBESR n’a pas l’obligation de vérifier la véracité du consentement des familles avant qu’une décision d’adoption ne soit prise en justice. Seule la présence dans les dossiers des documents administratifs et judiciaires est vérifiée, ce qui vaut également pour les consulats qui interviennent avant le départ. «C’est un travail purement administratif à la fin du processus », rappelle Gerrit de Sloover. « Durant des années, les critères n’ont pas été appliqués. Aujourd’hui, la procédure est assez lente, car ils ont tendance à l’être plus strictement. On a commencé à demander plus de papiers pour l’adoption, ce qui a avant tout été source de plus de corruption », déclare X. V. De six mois à un an auparavant, le délai peut aujourd’hui atteindre deux ans et demi. « Une part importante est laissée à l’interprétation personnelle des juges et fonctionnaires dans la gestion des cas, explique Gerrit De Sloover. Le concept de ‘faciliter le dossier’ est assez élastique. » X. V. soupire : « Les crèches subissent tellement de pressions... Si vous ne payez pas, le dossier traîne des mois et des mois, et les parents adoptifs vous reprochent de ne pas être aussi rapide que d’autres crèches. Aucun responsable de crèche ne vous dira évidemment qu’il paie... »
    Les ambassades aussi exercent des pressions sur les autorités haïtiennes, non pour augmenter les contrôles, mais pour accélérer les procédures. Un projet de loi correctif a été déposé au Parlement, mais il a peu de chances d’être adopté à court terme. Pourtant, la responsabilité relève aussi des pays adoptants. Certains, comme la France, acceptent les démarches faites individuellement par les futurs parents, qui s’adressent directement à une crèche haïtienne. 90 % des enfants “exportés” d’Haïti vers l’Hexagone suivent cette filière.
    Ailleurs, l’adoption individuelle est limitée et les parents sont obligés de passer par des organismes d’adoption agréés (OAA), où la procédure est réputée plus longue. « Mais ce qu’il faut, c’est plus de contrôles sur place », explique une autre directrice de crèche. L’IBESR estime qu’il faut aussi « renforcer la procédure du consentement pour que les parents haïtiens soient bien conscients de ce qu’implique l’acte qu’ils posent ». Mais, paradoxe, le salaire du personnel de l’Institut est payé, pour partie, grâce aux recettes issues des dossiers d’adoption déposés : 5 000 gourdes (100 €) par dossier. Même incomplets ou problématiques, ceux-ci sont acceptés en nombre…
    Maude Malengrez

    « On a signé pour 18 ans »

    Kettelie Wesh vit à Soleil 17, à Port-au-Prince. En 2005, la violence ronge le quartier. Kettelie entend parler de femmes dans le quartier qui ont « placé » leur enfant en crèche pour l’adoption internationale. C’est ainsi qu’elle a rencontré le blan (l’étranger) qu’elle montre sur une photo jaunie avec sa fille, Jenny. Il est pasteur, soutenu par un réseau d’Églises aux États-Unis pour gérer en Haïti une crèche orientée vers l’adoption internationale, mais qui aide aussi un peu les familles à s’occuper de leurs enfants. « Si j’avais pu, j’aurais placé tous mes enfants. » En octobre 2005, elle y amène la plus jeune, Jenny, 4 ans, qui a plus de chances d’être adoptée parce que c’est une fille, encore petite.

     « Le Blanc nous a expliqué que même si l’enfant part, vous restez sa maman. Que vous serez toujours en communication avec lui, même si vous ne pouvez pas le voir et qu’à 18 ans, il reviendrait faire votre connaissance. Il ajoutait que quand les Blancs viendront prendre votre enfant en Haïti, ils auront la courtoisie de venir vous rencontrer et vous expliquer quelle va être la vie de l’enfant. Que vous aurez toujours de ses nouvelles.»
    En octobre 2007, Jenny part pour les États-Unis. Kettelie reçoit quelques photos. Mais depuis un an et demi, plus aucune nouvelle. Le pasteur blanc est parti sans qu’elle le sache et son ancien chauffeur transformé à son tour en pasteur a repris les rênes de la crèche. « Quand nous venons demander des nouvelles de nos enfants et que nous faisons un esclandre devant sa porte, il nous envoie la police. J’ai déjà été arrêtée. »
    Les enfants adoptés en Haïti ont, pour la plupart, des parents encore en vie, mais qui ne peuvent plus s’en occuper. Ceux-ci signent un consentement à l’adoption, sans souvent avoir conscience de ce que cela implique. « On a signé pour 18 ans, clame Lucienne Ophelia, dont la fille est partie pour l’Allemagne à l’âge de 5 ans. Elle est restée un an dans la crèche. J’allais la voir de temps en temps. J’ai reçu une photo dans les six premiers mois après son départ. Ensuite, plus rien : ni photo, ni nouvelles. Elle va avoir 16 ans. » Lucienne attend son retour, dans deux ans : « Dans mon quartier, tout le monde dit que j’ai vendu mon enfant ». « Nous avons voulu rechercher une vie meilleure pour notre enfant, mais nous n’avions jamais imaginé que nous allions le perdre », témoigne Kettelie.
    Et quand, exceptionnellement, des photos arrivent, les crèches changent les enveloppes avant de les remettre aux parents, « pour qu’on ne retrouve pas la trace de l’enfant », souffle d’une voix éteinte Emilio Rafael, père de deux petits adoptés en France en 2001 et dont il est sans nouvelle depuis 2003.
    M. M.

    jeudi 15 octobre 2009

    http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=20839

    MUSÉE / ART SACRÉ / VODOU / Vers la création d’un musée vodou

    La Fondation pour la préservation, la valorisation et la production d’œuvres culturelles haïtiennes (FPVPOCH) projette de créer dans le pays un musée du vodou. Ce musée, qui sera formellement le premier espace d’exposition consacré aux arts sacrés du vodou de dimension artistique et culturelle, se veut aussi, selon les initiateurs, le premier « centre culturel vodou en Haïti ».

    La création du Musée/centre culturel vodou en Haïti s’inscrira dans les lignées de la préservation et de la conservation d’un patrimoine culturel, artistique et sacré que constituent les objets vodou, dont la plus importante collection appartient à la Suissesse Marianne Lehmann.
    Éprise de la culture vodou, Marianne Lehmann (qui vit en Haïti depuis 1957) s’est mise depuis environ trente ans à rassembler des objets sacrés du vodou, de véritables œuvres d’art, dont la plupart remontent au xixe siècle et sont très bien conservés. La collection de Marianne Lehmann comprend plus de 2 500 objets, répartis en grandes installations et objets en tous genres, tels que : cruches, drapeaux, colliers, crécelles, costumes, statues.
    La Fondation pour la préservation, la valorisation et la production d’œuvres culturelles haïtiennes (FPVPOCH) envisage de créer le musée dans le souci de sauver ce patrimoine qui, depuis décembre 2006, dans le cadre d’une tournée itinérante en Europe, fait l’objet d’expositions dans des musées suisse, hollandais et suédois. Une exposition itinérante

    De 2006 à 2007, à l’initiative de Jacques Hainard et Philipe Mathez, s’était tenue au Musée ethnographique de Genève l’exposition des objets sacrés vodou, intitulée « Vodou, un art de vivre ». L’exposition a fait l’objet d’un catalogue, du même titre, conçu et réalisé par Jacques Hainard et Philipe Mathez, respectivement directeur et conservateur du Musée ethnographique. Ce catalogue de 448 pages, auquel ont contribué une vingtaine de chercheurs, d’universitaires et de vodouisants, a paru en anglais, en allemand et en hollandais. Selon les membres de la FPVPOCH, cette édition trilingue est réalisée dans la perspective de mettre cet ouvrage à la disposition des visiteurs « des pays hôtes ».
    Dans le cadre de l’exposition genevoise qui s’était poursuivie jusqu’au mois d’août 2008, a eu lieu, tous les samedis, la projection du documentaire « Une mémoire vodou », réalisé par Irène Lichtenstein. «Dans ce document, Marianne Lehmann raconte sa passion, fait découvrir ses pièces et fait rencontrer des artisans qui fabriquent ces objets pour lever un coin du voile sur une des croyances les plus mystérieuses », a-t-on appris.


    Une exposition itinérante

    La dernière exposition des objets sacrés du vodou, réalisée en partenariat avec la FPVPOCH, a été ouverte, le jeudi 17 septembre 2009, au Musée des cultures mondiales de Göteborg, en Suède, en présence des architectes Didier Dominique et Henoch Trouillot et de l’anthropologue Rachel Beauvoir-Dominique, tous membres de cette fondation.
    Lors de l’ouverture de l’exposition, Rachel Beauvoir-Dominique a présenté la collection des objets sacrés. La directrice du Musée des cultures mondiales, Margareta Alin Hegelund, a prononcé son discours de circonstance, alors que Madame Beauvoir-Dominique a lu le message de Marianne Lehmann qui n’a pas pu faire le déplacement, en raison de problèmes de santé. À la suite de la visite guidée de l’exposition, les visiteurs ont assisté à la conférence d’Hénock Trouillot, dans laquelle il « a situé le contexte historique des objets présentés ». Cette communication a été suivie de la présentation sur powerpoint de l’architecte Didier Dominique. Intitulé « Cris et chuchotements » (« Viskningar och rop » en suédois, titre du chef-d’œuvre cinématographique du réalisateur suédois Ingmar Bergmann), [cette présentation] illustrait les rapports de cette collection avec l’évolution de l’espace haïtien», lit-on dans la note de presse de
    la FPVPOCH.
    La soirée inaugurale de l’exposition s’est terminée dans une ambiance de fête. Elle a été animée par le groupe suédois « Simbi », de tendance racine, sous la direction musiciale de Sten Kälmann, « ami et fils adoptif d’Haïti depuis plus de trente ans ».
    L’exposition suédoise se poursuivra jusqu’au 3 janvier 2010. Elle a été précédée d’une exposition réalisée au Tropenmuseum d’Amsterdam. Celle-ci s’est déroulée, en marge de la tournée suisse, du 1er novembre 2008 au 10 mai 2009.
    Dans leur note de presse, les membres de la FPVPOCH rappellent que le « Tropenmuseum est l’un des plus grands musées ethnographiques d’Europe, haut d’une quarantaine de mètres, de style XIXe siècle en brique, et avec plus de cinq étages à balcons intérieurs, comportant des collections impressionnantes de milliers d’objets du monde entier ».
    À sa sortie de Göteborg en janvier 2010, ce sera le tour du Musée ethnologique de Berlin (qui comporte une collection permanente de plus de 500 000 objets du monde entier) d’accueillir la collection, d’après la FPVPOCH. « Elle sera suivie d’une étape (non initialement prévue) au Musée canadien des civilisations d’Ottawa, fin 2010 à septembre 2011 ». La collection sera à nouveau présentée au public allemand, à la fin du mois de décembre 2011, « pour y rester jusqu’en avril 2012 à la Ubersee Museum de Brème ».

    Sauvons un patrimoine sacré et artistique…

    Pour la concrétisation du rêve de création du Musée/centre populaire de culture vodou », la FPVPOCH souhaite «vivement l’adhésion – et même les souscriptions – des compatriotes d’Haïti ou d’ailleurs ». Ces objets, précieusement et jalousement gardés par la collectionneuse Marianne Lehmann, étaient abrités dans une maison de sept pièces. «Dans l’arrière-cour attenante, a-t-on appris, étaient entreposés des personnages en béton et en argile grandeur nature abrités sous un toit de bois de fortune». Il est une urgence de sauver ce patrimoine sacré et culturel.

    Par Chenald Augustin
    mardi 13 octobre 2009

    http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=20806

    L'EX SENATEUR RUDOLPH BOULOS REPLIQUE.DROIT DE REPONSE

    Droit de réponse l’oblige, nous présentons à nos lecteur cette mise au point de l’ex-sénateur Rudolph BOULOS qui répond aux critiques suscitées après la « Rencontre Patriotique de Santo Domingo ». En effet, Haïti Recto Verso avait émis des réserves sur la réalisation de cet évènement qui se rangeait dans une attitude voulue de Monsieur BOULOS de faire de la République Dominicaine son arrière base pour ses activités politiques. Les réserves émises restaient légères certes mais il semblerait que d’autres secteurs avaient eu de critiques un peu plus acerbes contre l’insertion spatiale de l’activité politique de l’ex sénateur de la République.

    Nous avons retrouvé en lisant la version digitalisée du journal Le Matin ce texte assez long a travers lequel Monsieur BOULOS fait une mise au point.

    Bonne lecture

    Rencontre patriotique de Santo Domingo : En guise de réponse à mes détracteurs et aux justes préoccupations des femmes et des hommes de bonne volonté

    Depuis la réalisation des Assises de Santo Domingo, les réactions ont fusé de toutes parts, sur l’Internet, de citoyen(e)s animés de diverses intentions, des plus nobles aux plus obscures, des plus spontanées aux plus commanditées.
    J’avais décidé de garder un silence introspectif, parce que rien ne rivalise le recul lorsqu’on veut agir dans la sérénité. Dans le cadre de ma réflexion, j’ai considéré toutes les critiques et tous les compliments adressés à l’initiative avec la même ouverture d’esprit. Je n’entends nullement me défendre auprès de ceux qui pensent détenir un supplément de citoyenneté sur la base de laquelle, et avec une arrogance à peine voilée, je dois justifier les actions que je pose dans le cadre du redressement d’une Nation qui a connu des jours meilleurs. J’entends surtout m’adresser aux citoyens de bonne volonté qui initialement ont supporté l’initiative, et qui, noyés par la vague des critiques stériles et commanditées par Port-au-Prince, auraient perdu de vue la portée et l’importance de l’événement.

    La Rencontre patriotique de sauvetage national de Santo Domingo est le résultat d’un simple constat : aucun pays ne se développe sans une base théorique forte, une réflexion structurante, et une vision claire de ses élites partagée par le reste du corps social. Notre histoire nous enseigne que l’action dépourvue de base théorique conceptuelle est plus susceptible de déboucher sur des insurrections utopiques que sur un développement et une démocratisation irréversibles. La Rencontre de Santo Domingo était donc un moyen d’engager certaines des plus belles têtes de l’intelligentsia haïtienne dans une réflexion exploratoire fertile que d’autres secteurs enrichiraient, en vue de déboucher sur un nouveau paradigme de l’État, une consolidation de la Nation, et un engagement civique dans la promotion de notions telles : la responsabilité, la libre entreprise, la sécurité des vies et des biens, la promotion des investissements, l’assainissement des finances publiques, et aussi – quoi qu’on dise – une résolution sur le long terme de la situation des Haïtiens vivant en République dominicaine.
    On me reproche de m’être intéressé de manière soudaine au dossier des Haïtiens vivant dans les bateys. Une telle critique ne peut être que l’expression de la mauvaise foi ou de la myopie intellectuelle, ou d’un mélange des deux. Il y a plusieurs façons de s’attaquer au problème de nos compatriotes vivant en République dominicaine. En tant que sénateur du Nord’Est, j’ai investi plus de temps à promouvoir la création d’emplois qu’à légiférer en tant que tel. Pourquoi les Haïtiens, en dépit de leurs conditions infrahumaines dans les bateys, continuent-ils de s’y rendre ? Parce que chez nous la situation est encore pire pour eux. La réponse est difficile à digérer, mais elle n’en est pas moins vraie. Fort de ce constat, tout citoyen pragmatique admettra que la résolution du problème sur le long terme passe par la création d’emplois en Haïti, ce à quoi je m’étais attelé d’abord en tant que citoyen privé et capitaine d’industrie, puis en tant qu’entrepreneur politique et sénateur de la République impliqué dans le développement. À côté de la stratégie à long terme, il nous faut une stratégie portant sur le court terme et le moyen terme. Les approches peuvent diverger. Certains pensent que la dénonciation dépourvue de toute vision claire résoudra le problème. Je ne suis pas de cet avis. La dénonciation ponctuelle d’actes inhumains peut aider à attirer l’attention sur le dossier, mais ne saurait constituer une stratégie intelligente en soi. Le dialogue franc et sincère, sans tricherie, est, à mon sens, la meilleure voie que nous puissions emprunter. Maintenant, on me reproche la présence de certains Dominicains aux Assises de Santo Domingo. En dépit de la précarité de leurs rapports, de leurs guerres constantes, Israéliens et Palestiniens ne se parlent-ils pas ? Le président Obama, en dépit du fait que 15 Musulmans sont derrière l’attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, ne s’est-il pas rendu en Égypte pour solliciter un nouveau départ dans les relations de l’Amérique avec le monde musulman ? En dépit du fait que le shérif Joe Arpaio inflige un traitement inhumain aux immigrants mexicains qu’il traque systématiquement dans son comté du Maricopa – les obligeant à porter des sous-vêtements roses et se flattant de n’allouer qu’un dollar par jour par prisonnier à la cantine de la prison, à un tel point qu’il fait actuellement l’objet d’une investigation fédérale pour abus –, les responsables mexicains ne dialoguent-ils pas régulièrement avec leurs homologues américains en vue d’une amélioration des conditions de leurs ressortissants ?

    Les relations haïtiano-dominicaines ont toujours été négativement influencées par des préjugés de part et d’autre de la frontière. Les Dominicains se font une idée négative de nous, ce qui s’est aggravé avec le récent développement économique qu’ils ont connu parallèlement à notre chute abyssale vers les ténèbres du sous-développement. De notre côté, nous assimilons a priori la femme dominicaine à une prostituée. Dans sa théorie sur la réduction des préjugés (L’hypothèse du contact) – théorie considérée jusqu’aujourd’hui comme unique dans le domaine par les meilleurs sociologues du monde – Allport (1954) recommande que les groupes nourrissant des préjugés les uns envers les autres échangent des relations sur une base régulière dans un cadre social égalitaire. Le fait par des membres de ces groupes de nourrir des rapports réguliers contribue progressivement à combattre les préjugés et, par ricochet, les attitudes négatives. L’Haïtien qui côtoie des femmes dominicaines professionnelles ne peut que chasser le stéréotype de la prostitution de son esprit. Dans la même lignée, le fait de réunir, dans une même enceinte, des étudiants haïtiens, des intellectuels de grand acabit produisant une réflexion de choix sur Haïti et des officiels dominicains, a contribué à véhiculer une meilleure image d’Haïti. Mais comment cela a-t-il aidé l’ouvrier des bateys, me demandera-t-on ? Je répondrai qu’il en profite sur tous les fronts. D’abord, étant donné que nous avons considéré prioritaire la démarche du dialogue aux dépens de la confrontation, le fait d’associer des Dominicains à la réflexion nous permet d’établir des liens que nous pourrons utiliser dans le futur, lorsqu’il faudra négocier de meilleures conditions pour nos frères et sœurs des bateys, en attendant l’étape idéale de leur retour au bercail. En ce sens, les officiels dominicains nous percevront comme des partenaires en train de réfléchir sur un problème commun. Parce qu’il ne faut jamais oublier que l’immigration haïtienne en République dominicaine pose aussi des problèmes aux Dominicains, vu qu’ils n’ont pas le contrôle absolu du flux d’Haïtiens qui traversent la frontière. D’autre part, le fait d’organiser la rencontre à Santo Domingo contribue à sensibiliser la société civile dominicaine sur la nécessité pour les deux pays de résoudre leurs problèmes en commun. Tout rapprochement des deux peuples, à quelque niveau que ce soit, sans compromission, profite à l’Haïtien des bateys et à l’étudiant haïtien dans le pays voisin.

    On me reproche le fait de vouloir qu’Haïti s’inspire du modèle dominicain pour résoudre ses problèmes. Cette critique est risible. Aucun pays n’est arrivé à se développer en réinventant la roue. La République dominicaine s’est inspirée du modèle américain pour emprunter la voie du développement. C’est le concept du transfert de technologie. Il est de loin plus facile de transférer le savoir-faire de la République dominicaine à Haïti, qu’il ne l’est d’aucun autre pays, exception faite de l’implication directe d’un nombre élevé de techniciens et d’experts haïtiens de la diaspora dans le développement d’Haïti, ce qui n’est pas possible dans l’immédiat. Certains nationalistes sentimentaux et masochistes préféreraient qu’Haïti périsse au lieu que nous nous inspirions des Dominicains qui eux se sont inspirés des Américains, pour lancer le pays sur la voie du développement. Mon nationalisme est pragmatique. Je pense qu’Haïti et la République dominicaine ont un passé douloureux ; mais tout développement réel des deux pays passera par l’harmonisation de nos relations. Par exemple, pourquoi ne profiterions-nous pas de la logistique dominicaine pour, à travers le tourisme multi-destination, attirer les touristes que reçoivent nos voisins vers la Citadelle ? Malheureusement, certains compatriotes ne conçoivent les relations haïtiano-dominicaines que dans un cadre conflictuel stérile. Ils sont confortablement installés à l’opposition là-bas, et n’aimeraient pas que leurs amis de l’opposition dominicaine les voient en train de dialoguer avec ceux qu’ils perçoivent comme l’ennemi à abattre. Pour ces gens, une résolution de la situation des Haïtiens de là-bas signifierait la fin de leur croisade. Ces individus trouvent normal et moral de s’associer étroitement à des régimes scélérats et criminels (qui tuent les citoyens grâce au terrorisme d’État), mais me reprochent de dialoguer avec des officiels dominicains. Selon cette logique, il est seulement immoral de maltraiter les Haïtiens lorsque les bourreaux sont des étrangers. Ces individus ferment les yeux sur les atrocités infligées aux citoyens haïtiens par leurs dirigeants, en vertu d’une moralité sélective et démagogique. Moi, je fais la Realpolitik d’Haïti, et je suis prêt à m’asseoir avec tous ceux qui veulent discuter de la question haïtienne.

    On reproche toujours aux élites intellectuelle et économique de ne pas s’impliquer dans le développement du pays. J’espère qu’on comprendra, à travers les méchantes critiques adressées à notre initiative, pourquoi certains citoyens hésitent à sacrifier leur tranquillité sur l’autel de la méchanceté de certains individus. Certains, en panne d’arguments, sont allés jusqu’à nous accuser d’avoir « coopté » la ligue des pasteurs haïtiens de la République dominicaine. Cette critique est symptomatique d’un grave déficit de bon sens. Qui d’autre est mieux qualifié pour dénoncer une telle récupération que la ligue elle-même ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?
    Pour finir, je tiens à remercier tous ceux qui ont participé à la Rencontre, et qui ont permis son enrichissement par leur contribution intellectuelle de qualité. Je remercie aussi ceux qui, via Internet, ont encouragé l’initiative et m’ont demandé d’apporter des éléments d’éclaircissement sur le dossier. Je me suis tu jusqu’ici laissant du temps à ceux qui crachaient en l’air pour que leur crachat leur retombe sur le nez. Tout le monde a identifié les commanditaires des attaques adressées contre l’initiative. Il y a eu aussi des compatriotes de bonne foi à émettre des réserves ou des questions légitimes. J’espère que ma note aura répondu à leurs préoccupations.
    Maintenant, la réflexion est lancée. Il faudra l’approfondir, et nous ne prétendons nullement détenir un quelconque monopole sur la question, contrairement à ceux qui considèrent le dossier des bateys comme leur chasse gardée et qui entendent prévenir toute interférence d’autres citoyens dans leur basse-cour, fût-il au dam de ceux-là mêmes qu’ils prétendent vouloir émanciper.
    Cela dit, je n’entends nullement m’engager dans les échanges épistolaires stériles que certains semblent particulièrement aimer à des fins de publicité. Je suis un homme d’action, et je m’engage à travailler au suivi de la Rencontre, en vue de l’élaboration du Plan de sauvetage national, conformément à la déclaration finale en date du 31 août 2009.
    Santo Domingo, le 12 octobre 2009
    Patriotiquement,
    Rudolph H. Boulos,
    entrepreneur politique et sénateur
    de la République d’Haïti

    http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=20798

    Naître humain, Vivre en haïtien et mourir en animal

     

    L’histoire s’achève à Villa Vasquez. Une petite commune de la République Dominicaine. Là ou s’achève des milliers d’histoires. Des histoires semblables ou seuls les acteurs changeant de visage ou de noms jouent toujours le même rôle.

    Il s’appelait Jean Baptiste Antoine. Peu importe le nom. Il avait 44 ans. Peu importe son âge. Il avait cru comme beaucoup d’autres que naître de l’autre côté de la rivière aurait changé son karma.

    Pour survivre il voulut forcer le destin et traversa le « massacre » à pied. A contre courant à contre sens et  à contre jour.

    Qui sait. Peut être avait il sillonné pendant plus de dix heures les sillons dénudés et arides de la chaîne du Bahoruco ?

    Peu importe, il y est parvenu. La terre promise ! Là ou coulent, le travail, les discriminations  et de quoi manger. Là il faut savoir fermer les yeux, veiller à ce que les oreilles restent bouchées, courber l’échine et marcher sur sa propre dignité. Juste pour avoir droit à quelques bouchées de manioc bouilli, saupoudré d’un soupçon de blanc d’œuf ou de hareng.

    Il avait fini par s’adapter et s’intégrer harmonieusement dans sa condition d’immigrants-sans-papiers comme il s’était accommodé dans sa carapace d’haïtien depuis sa naissance.

    Avant la dernière scène de Villa Vasquez, personne ne s’était inquiétée de savoir s’il avait de la famille, une ou des femmes. Cinq ou dix enfants.

    Pourtant il n’était pas malheureux. Sous une tonnelle en bordure d’un champ en friche il avait l’habitude de se réunir avec des amis.

    Doté d’une certaine inconscience bien venue et superbement calculée, il aimait s’asseoir de dos à l’ouest et tout ce qui s’y trouve. Ses pas dans l’eau. Ses trébuchements sur les sentiers abrupts. Les regards hagards de ses géniteurs. L’air perdu et vague du voyageur de l’inconnu de sa vieille mère attendant la mort. Ses racines…Haïti

    Il prêtait peu d’attention à ceux qui ironisaient son accent et son mauvais espagnol. Mais dans une contrée ou l’espoir se dessine surtout en gris et en terre battue, tout était bon à prendre. Rire, remède infaillible.

    Jean Baptiste n’avait pas trop réfléchi au futur. Ni proche. Ni lointain. Les jours se bousculaient à sa porte. Chacun avec son lot d’exigences.

    Ce matin sous la tonnelle de Villa Vasquez, il racontait sa dernière blague. Il riait à tue tête et en cascade. Avec le plus beau rire de l’imbécile heureux. Tout à coup, il fut surpris par une déchirante douleur. Des céphalées, des coliques, des précordialgies, une angine. Peu importe. Il ne le dira à personne. Il avait appris aussi à maîtriser sa douleur.

    Mais celle là était vraiment intense. Insupportable. Il voulut une dernière fois courber l’échine ; mais la douleur griffonna une ignoble grimace sur son visage qui se déforma et le terrassa.

    L’assistance mis du temps à comprendre. Personne ne lui porta secours. Il ferma les yeux et cessa de vivre…

    La  nouvelle ameuta davantage les gens que l’expression hideuse de cette douleur extériorisée malgré lui. Les curieux se sont rassemblés pour écouter le récit de ceux-là qui avaient eu l’insigne privilège de voir mourir quelqu’un qui était bien vivant avant sa mort.

    De l’autre côté de a la rivière il n’existe pas de mort naturelle. Il y a toujours une relation anticartésienne de cause à effet.

    Trouver les causes de la mort n’était pas à l’ordre du jour. La réalité de la situation se dessina quand la multitude des curieux laissa place à un tableau plus que sombre. Il n’y eut que ce silence.  Pas un cri, pas de larmes. Ni un pleureur ni  de chorale de pleureuses professionnelles. Pas de famille. Pas de parents.

    Les curieux s’en allèrent. Le corps de Jean Baptiste gisait à même le sol. Sa peau noire luisait encore couverte de fine couche de poussière blanche incorporée à l’épiderme.

    Ceux qui l’écoutaient deux heures plus tôt se regardaient entre eux. Etonnés de ne pas ressentir de tristesse particulière. En fait cet individu n’était qu’un parfait inconnu. Ils ne savaient rien de lui. Si ce n’est qu’il était haïtien et qu’il s’exprimait en un mauvais dominicain qui faisait rire.

    Le groupe diminua progressivement en nombre. Le silence devint de plus en plus lourd au fil des heures qui défilaient sans tenir compte qu’un cadavre non réclamé gisait au milieu de ces terres qui se perdaient à l’horizon. On n’entendait que zouzoument des cohortes de mouches qui arrivaient en battant de l’aile, attirées par l’odeur déjà pestilentielle d’un corps en décomposition.

    Quelques chiens de rues, galeux et affamés commencèrent aussi à s’approcher  d’une proie inhabituelle mais facile.

    Plus le jour tombait, plus le corps inerte de Jean Baptiste prenait du volume et se déformait. Les rumeurs ont vite fait le tour de l’ensemble des quartiers de Villa Vasquez. Elles étaient de toute sorte. Revues, augmentées et corrigées jusqu’aux oreilles des autorités locales. La situation devenait inquiétante. Presque humainement insupportable. Le cadavre d’un haïtien sans papiers servait de nourriture à une bande de chiens affamés. C’est au moins ce qu’a appris le maire champêtre de Villa Vasquez.

    La situation exigeait une action énergique et ferme pour le salut des habitants de la Ville. La municipalité ne dispose pas de fonds destinés à l'enterrement d’haïtiens sans papiers et indigents.

    La peur d’être submergé sous le poids nauséabond d’une odeur pestilentielle de chair humaine en décomposition, réveilla de vocations de bienfaiteurs à un grand nombre d’habitants de Villa Vasquez qui généreusement cotisèrent et contribuèrent  à l’achat d’un cercueil premier prix.

    Le maire champêtre, une sorte de « chef section » de l’autre côté de la rivière se chargea d’accompagner Jean Baptiste libéré enfin de son fardeau vers une dernière demeure.

    Il est né humain, il a vécu en haïtienn et il mourut en animal de l’autre côté, là ou il trouva du travail, des discriminations et de quoi manger.

    SANTE PUBLIQUE A ELIAS PINA: Les haïtiens remplissent l’hôpital pour des soins gratuits

    Adriana Peguero - 10/7/2009

    LES PERSONNES INTERROGEES SIGNALENT QU’ICI LE SERVICE EST BON ET QUE DANS LEUR PAYS IL EST DEFICIENT ET COUTEUX

    Comendador, Elías Piña.- Le personnel  de l’hôpital Rosa Duarte de cette province doit chaque jour couvrir la demande de patients haïtiens qui viennent à la recherche de soins de santé dans le centre d’assistance parce que dans leur pays ça leur coûte de l’argent et ils ne sont pas en mesure de payer.

    « Je réside ici depuis trois ans j’ai accouché ici de mes trois enfants dans cet hôpital, parce que l’on me soigne très bien. Ici je ne paie rien et on me donne tout. Quand mes enfants sont malades je les amène ici et ils guérissent » a déclaré Sonia Bautista, de 28 ans et mère de sept enfants.

    Elle accoucha ici le premier de ces trois enfants et à cause des attentions reçues du personnel médical qui travaille à l’hôpital Rosa Duarte, elle décida vivre de ce côté de l’île ou elle accouchera deux autres enfants. Elle a fait savoir que depuis qu’elle habite ici, ses enfants elle ainsi que  son mari mangent deux fois par jour.

    Selon les témoignages du personnel médical du centre de soins, la tache la plus difficile, ils la réalisent avec les femmes haïtiennes, qui voient la toute première fois un médecin quand débute les contractions de l’accouchement ou qui arrivent après avoir mis bas pour que les médecins terminent le travail.

    La directrice de la section d’épidémiologie, Natividad Fortuna, a précisé que la presque totalité des patients qui arrivent d’Haïti sont des patientes à haut risque, pour cette raison il faut administrer des médicaments couteux à elles et à leurs enfants quand ils naissent.

    « Ici arrivent des patientes haïtiennes en plein labeur d’accouchement, jetées à l’arrière d’une camionnette et voire en motos, mais dès qu’elles arrivent elles reçoivent les mêmes soins que les dominicaines, parce que nous n’avons ni drapeau ni distinction de couleur » a dit l’épidémiologiste Fortuna.

    La spécialiste a informé que les cas de femmes enceintes qui arrivent avec un décollement du placenta sont très fréquents et que régulièrement les parents des malades disparaissent, pour cela le centre de santé doit payer le coût du sang dont elles ont besoin.

    «  Ici on vit au four et au moulin tous les jours avec ces patientes », a-t-elle ajouté. Selon les données établies et divulguées par la Secrétairerie d’état à la santé publique, les patientes haïtiennes demandent 70% des services de a section gynéco-Obstétrique de l’hôpital Rosa Duarte.

    La Docteur Fortuna a informé que le mois dernier ont été réalisés 40 accouchements  de mères haïtiennes dans le centre de santé, tandis que 279 haïtiens furent reçus en consultations, 27 patients furent admis et 98 furent admis par les services des urgences.

    Elle a fait savoir aussi que les femmes haïtiennes traversent à Elias Piña pour faire vacciner leurs enfants sans payer un centime.

    Ici on reçoit des femmes enceintes en situation de malnutrition qui ont été hospitalisées d’une semaine à trois mois et quand nous les faisons sortir, nous devons chercher et payer l’ambulance pour les ramener parce que les parents disparaissent comme par magie » ajouta-t-elle.

    Elle informa que plus de 40% du budget consacré à l’hôpital Rosa Duarte est consommé par des haïtiens.

    « Ici, il nous arrive de tout depuis Haïti. Nous recevons des patients avec des plaies par balles, à coup de machettes, tabassés, femmes enceintes, enfants malnutris entre autres cas.  Il est vrai que les cas des patients qui nous arrivent à notre hôpital sont les cas les plus critiques car ils nous arrivent déjà bien détériorés », a-t-elle ajouté.

    Manque d’éducation.

    Le docteur Magrus Philizaire, de nationalité haïtienne, gradué de l’Université d’Etat d’Haïti, spécialiste en gynéco-obstétrique, dit que généralement les patientes haïtiennes  qu’il reçoit au centre hospitalier ignorent même la date de leurs dernières règles, se qui rend difficile le travail à réaliser avec et pour eux.

    Il prit comme exemple le cas de Dalinda André qui arriva à l’aube pour accoucher et qui n’avait pas réalisé un seul contrôle prénatal.

    Ce sont des patientes dont la prise en charge reste très difficile, parce que l’on ne sait pas sur quoi on va tomber. Parfois il s’agit d’une grossesse gémellaire et on s’en rend compte au moment de la délivrance. Ce sont des patients difficiles » a-t-il souligné.

    Il a souligné que les complications majeures touchent ces patientes, parce que le médecin doit partir de zéro pour pouvoir réaliser un bon travail. «  On dépense beaucoup de ressources dans la prise en charge de ces patientes. Bon, quand elles arrivent avec le placenta explosé ce que nous faisons en premier c’est de préserver la vie de la patiente et si le produit est viable, nous cherchons la manière de le sauver lui aussi » a-t-il ajouté.

    Cependant, il a évoqué qu’une fois la patiente  haïtienne est admise  en conditions délicates de santé, l’hôpital assume ses dépenses, et ceci même s’il faut aller chercher du sang ou des médicaments en dehors de l’institution hospitalière.

    Le médecin a expliqué que la grande majorité de femmes haïtiennes qui accouchent à l’hôpital Rosa Duarte ont entre 15 et 18 ans.  Il indique que entre 18 et 25, la grande majorité ont déjà eu trois ou quatre enfants.

    Dans le centre, on a appris aussi qu’il est appliqué le programme de transmission verticale  pour éviter que les enfants de mères VIH(+) ne s’infectent, mais selon ce que rapporte la Docteur Fortuna, plusieurs fois, les efforts réalisés en faveur de ces patientes sont vains.

    De son côté, la docteur Delia Alcantara, chargée de l’unité d’Attention Intégrale, a expliqué que les mères entre 15 et 34 ans sont les plus affectées parce que aucune d’elles ne protège leurs enfants du VIH, parce qu’ils méconnaissent les bénéfices de la procédure et ne visitent pas le centre avec une certaine régularité.

    Elle dit  que quand le diagnostic est fait chez une patiente  au début de la grossesse, celle-ci disparaît et revient  le jour de l’accouchement et le principal inconvénient  c’est qu’elles donnent de fausses adresses et des noms fictifs, il est donc impossible de les localiser.

    « Nous partons à leur recherche, mais personne ne les connait. Nous avons des cas d’enfants nés sains, mais les mères les ont allaités malgré les avertissements de ne pas le faire et ils sont donc été infectés, alors elles reviennent avec les enfants en état critique et là nous ne pouvons plus faire grand-chose » a-t-elle dit. Elle a signalé le fait qu’un nombre considérable de femmes HIV + accouchent à la maison parce qu’elles sont conscientes de leur condition et vont à l’hôpital pour une révision et après elles disparaissent à nouveau.

    Elle a expliqué aussi que l’on peut difficilement convaincre ces patientes du fait qu’elles doivent interrompre la grossesse par césarienne, parce qu’elles disent ne pouvoir compter sur l’aide de personne, elles préfèrent donc les accouchements par voie basse.

    Dalinda, qui est libre du virus, déclare que malgré le fait qu’elle a accouché de six enfants et qu’elle n’ait que 26 ans, elle ne se soumet pas à une chirurgie de stérilisation par peur de la procédure et préfère accoucher.

    ON DIT QUE LE SERVICE DE SANTE EST POUR TOUT LE MONDE

    La docteur Natividad Fortuna a informé que des familles haïtiennes ont l’habitude d’abandonner leurs parents au centre hospitalier et l’institution a dû les envoyer chez eux dans leur pays en couvrant les frais du transport en ambulance. «  Autre cas insolite c’est quand ils meurent, ils nous laissent les cadavres et nous ne possédons d’aucune formule pour retrouver les parents » dit-elle.

    Dans ce cas , dit-elle, l’hôpital achète le cercueil, cherche l’ambulance et transporte le cadavre au cimetière et paie la place pour la sépulture.

    Elle expliqua que souvent des cadavres ont été transportés vers Haïti pour la remise à des parents, mais ceux-ci n’apparaissent jamais, parce que personne ne les connait, et il ne nous reste plus de recours que de les ramener en République Dominicaine et l’enterrer au cimetière municipal de la Communauté Margarita, à Elias Piña. Se cas se produisent même avec des patients amenés par des parents.

    De son côté, le docteur Jean Fritznel, de nationalité haïtienne et qui travaille dans la section de pédiatrie, dit que les enfants qu’il reçoit en provenance d’Haïti, arrivent  en conditions critiques.

    Il a informé que les principales affections dont souffrent ces enfants correspondent à des maladies respiratoires, pneumonie et un grade élevé de malnutrition.

    Il a aussi cité le fait que beaucoup d’enfants arrivent avec des cas de dermatose, diarrhée aiguë, parasitose entre autres maladies.

    http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=117294

    La République Dominicaine dépense 2,000,000,000 de pesos en soins à des patients haïtiens depuis 2005

    BUDGET DE SANTE PUBLIQUE :

     

    Par Doris Pantaleón - 10/6/2009

    A Elias Piña, 70% de femmes en instances d’accouchement son du pays voisin.

    Durant les quatre dernières années le pays a investi près de 2.000.000.000 de pesos dominicains en soins de santé prodigués à des patients de nationalité haïtienne qui vivent en République Dominicaine ou qui y viennent se faire soigner dans les hôpitaux publics, a révélé la secrétairerie d’état à la Santé Publique.

    D’autres services plus demandés ont été les consultes externes avec un investissement de RD$115,317,900.32; chirurgies, avec  RD$71,950,200.00; analyses biologiques, RD$29,332,434.60, et  en vaccins RD$266,418,511.02.

    La maternité continue à être l’un des services les plus demandés par les patientes  haïtiennes

    Au niveau des hôpitaux de la région frontalière, comme celui d’Elias Piña, 70% des accouchements réalisés  concernent des mères haïtiennes, tandis qu’au niveau de la Maternité  Nuestra Señora  de la Altagracia de la capitale dominicaine, 25% des femmes admises sont des haïtiennes souvent référées d’autres établissement en situation précaire de santé.

     Le Secrétaire d’état à la santé publique,  Bautista Rojas Gomez, a rappelé que l’ordre intimé au personnel des centres de santé c’est de prodiguer des soins égaux et égalitaires à tout patient qui se présente, qu’il soit dominicain ou étranger car la santé ne possède ni idéologie ni race ni religion.

    Il a assuré que chaque jour le président Leonel Fernandez et les autorités sanitaires  s’efforcent  à offrir à la population dominicaine et étrangère  des services de santé  de haute qualité  dans les différents centres de soins du pays.

    Selon les statistiques de la Secrétairerie d’état à la Santé Publique, des fonds destinés à la santé des citoyens étrangers  du secteur publique, 98% sont investis en faveur de la population haïtienne. De 2005 à 2009 cette somme a atteint RD$1.533.251.026,26.

    La direction de Planification de la Secrétairerie d’état à la Santé Publique a estimé que entre 27 et 30% des patients qui sont soignés dans les centres hospitaliers dominicains sont de nationalité haïtienne, des chiffres qui grimpent à 60 et 65 pour cent au niveau de la frontière.

    Un autre centre ou von chaque fois davantage de femmes enceintes haïtiennes à la recherche de soins médicaux est l’hôpital Cabral y Baez, de la ville de Santiago, ou plus de 12% des accouchements concernent les mères haïtiennes. A l’échelle nationale on considère que ce chiffre est proche de 23%.

    A l’hôpital Dario Contreras, les patients haïtiens ont représenté plus de 14% des pris en charge l’année dernière et on estime que la demande a augmenté.

    UN PLAN CONTRE LE PALUDISME

    INITAITIVE BINATIONALE

    Le secrétaire d’état à la santé Publique a annoncé que  prochainement sera lancé l’exécution d’un plan binational pour l’élimination de la Malaria sur l’île, qui inclut des objectifs et un budget, cette compagne comptera sur l’appui de l’ex-président des Etats Unis , Jimmy Carter.

    A travers une note envoyée à la direction de ce journal par le secrétaire d’état à la santé publique, le fonctionnaire  fait savoir  l’île partagée par la République d’Haïti et la République Dominicaine  constitue le seul territoire insulaire de la Caraïbe ou on enregistre des cas autochtone de malaria, un problème important de santé publique pour les deux pays.

    « Récemment les deux pays avec l’aide du centre Carter pour l’éradication de maladies, ont réalisé des efforts binationaux démonstratifs basés sur la surveillance épidémiologique, diagnostic précoce et traitement opportun des cas et mesures appropriées de contrôle  sélectif des vecteurs

    http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=117187

    Mexique : Le Sénat opposé à l’envoi de casques bleus mexicains en Haïti

    mardi 6 octobre 2009, Radio Kiskeya

    Le Sénat mexicain s’est prononcé mardi contre un projet d’intégration du pays au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), arguant qu’il s’agirait d’un "acte interventionniste" contraire aux principes de la politique étrangère de Mexico, informe l’agence locale Notimex.

    La Chambre haute a rejeté avec une majorité confortable une proposition des Sénateurs du Parti authentique national (PAN) demandant au Président Luiz Felipe Calderòn d’évaluer la possibilité d’envoyer des militaires en Haïti.

    Les élus mexicains se sont appuyés sur une résolution qu’a présentée la commission sénatoriale des affaires étrangères Amérique latine/Caraïbes présidée par le Sénateur César Leal. Le texte rappelle que cette nation latinoaméricaine s’est montrée à maintes reprises favorables au principe de la non ingérence face aux situations de crise ayant secoué divers pays. spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6238

    Le corps mutilé d’un jeune homme retrouvé en Plaine quinze jours après sa disparition

    Un suspect libéré trois jours avant la découverte du corps

    mardi 6 octobre 2009, Radio Kiskeya


    Le corps mutilé du nommé Stanley Joachim (19 ans), a été retrouvé lundi matin dans le quartier de « Fouji » (zone Route 9, en Plaine, Nord de Port-au-Prince), informe un des cousins de la victime, Segens Saint Hilaire, dans une interview accordée à Radio Kiskeya.

    Stanley Joachim n’avait pas été vu par les siens depuis le 19 septembre dernier. La police en avait été informée et n’aurait pas pris à temps les dispositions appropriées pour le retrouver, s’est plaint Saint-Hilaire.

    Un suspect dans la disparition de Stanley Joachim, un certain Johnny, beau-frère de la victime, avait pourtant été appréhendé dans le cadre de l’enquête ouverte autour de cette affaire. Il devait cependant recouvrer la liberté vendredi dernier, après une audition au Parquet du Tribunal Civil de Port-au-Prince.

    Le corps retrouvé lundi porte des traces d’armes tranchantes, précisent les parents de Stanley Joachim qui n’écartent pas la possibilité qu’il ait été tué à coups de machettes. Ils n’étaient cependant pas en mesure d’avancer une quelconque hypothèse sur les facteurs à l’origine de la disparition suivie de l’assassinat de Stanley Joachim.

    Stanley Joachim, écolier en classe de 3ème à l’Ecole des Salésiens (à La Saline, Nord de Port-au-Prince), suivait également des cours à la section professionnelle du même établissement. [jmd/Radio Kiskeya]

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6237

    Le Parlement s’attend à l’entrée en vigueur immédiate de certaines lois votées récemment, dont celle sur le nouveau salaire minimum

    "Retard" dans la publication de ces lois dans le journal officiel de la République

    mardi 6 octobre 2009, Radio Kiskeya


    La nouvelle loi portant le salaire minimum à 200 gourdes dans le secteur commercial et à 125 gourdes dans le secteur de la sous-traitance, devrait entrer en application dès ce mois d’octobre, a déclaré lundi le président du Sénat, le sénateur Kelly Bastien.

    Le parlementaire a jugé nécessaire d’apporter cette précision du fait que, en dépit de l’ouverture de la nouvelle année fiscale le 1er octobre dernier, la loi n’a pas été publiée dans le journal officiel de la République, Le Moniteur.

    Le président du Sénat a souhaité que le chef de l’Etat se décide à faire publier rapidement cette loi qui, somme toute, représente une avancée pour les ouvriers et les employés du secteur commercial. Ces derniers, appuyés par des étudiants et des militants d’organisations du secteur des mouvements sociaux, avaient vainement lutté l’été dernier en faveur d’une loi qui proposait un salaire minimum de 200 gourdes dans tous les secteurs de l’économie.

    D’autres lois votées récemment devraient aussi entrer en vigueur en dépit du fait qu’ils n’aient pas encore été publiés dans le journal officiel. Le président du Sénat cite à ce propos les nouvelles lois sur les frais scolaires et sur l’habeas corpus.

    Un certain retard est également constaté dans la publication de la loi de finances publiques ou budget pour le nouvel exercice fiscal (2009-2010). Le président de la Commission des finances de la Chambre des députés, Jean Marcel Lumérant, a estimé lundi que l’Exécutif est encore dans le délai pour s’acquitter d’une telle tâche. Le parlementaire se dit d’autant plus certain de l’imminence de la publication de la nouvelle loi que l’Exécutif ne devrait y opposer aucune objection, les différents points de controverse y relatifs ayant été élucidés par les pouvoirs Exécutif et Législatif préalablement au vote final du document. [jmd/Radio Kiskeya]

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6236

    Développement humain : Haïti toujours à la traîne

    149e sur 182 dans l’IDH 2009, notre pays occupe le dernier rang dans la région Amérique latine/Caraïbes, indique le PNUD

    lundi 5 octobre 2009, Radio Kiskeya


    Haïti arrive encore une fois en queue de peloton en matière de développement humain, se classant seulement 149e sur 182 pays dans le rapport mondial sur le développement humain (RDH) rendu public lundi à Bangkok (Thaïlande) par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

    L’Indice du développement humain 2009 (IDH), qui reflète des données recueillies en 2007 sur le bien-être des populations à travers l’espérance de vie, l’alphabétisation, la scolarisation et le PIB par habitant, montre qu’Haïti est le plus mal classé de tous les pays d’Amérique latine et de la Caraïbe.

    Seuls le Guatémala (122e) et le Nicaragua (124e) accusent également un "bas niveau" de développement humain.

    Quant à la République Dominicaine voisine, elle arrive en 90e position avec un "IDH moyen" tout comme deux autres pays de la région, le Paraguay (101e) et la Bolivie (112e).

    Un peu plus haut, le Venezuela (58e), le Brésil (75e), la Colombie (77e), le Pérou (78e) et l’Equateur (80e) se hissent parmi les nations ayant atteint un niveau de développement "élevé".

    Avec sa 44e place, le Chili est le pays du sous-continent ayant atteint le meilleur niveau de bien-être suivi de près d’Antigua-et-Barbuda (47e), de l’Argentine (49e), de l’Uruguay (50e) et de Cuba (51e).

    La Norvège, l’Australie et l’Islande dominent ce classement dont elles occupent les trois premières places. Viennent ensuite, le Canada (4e), l’Irlande (5e), les Pays-Bas (6e) et la Suède (7e). spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6232

    Hold-up contre une succursale de la Sogexpress : Un mort

    Trois bandits ont semé la panique à Delmas après avoir abattu à bout portant Marcus Maresco, responsable de l’établissement financier ; deux agents de sécurité interpellés

    lundi 5 octobre 2009, Radio Kiskeya


    Marcus Maresco, responsable d’une succursale de la Sogexpress à Delmas 30 (banlieue nord de la capitale), a été tué lundi à la mi-journée au cours d’une attaque armée contre les locaux de cette filiale de la banque commerciale Sogebank spécialisée dans le transfert d’argent.

    Selon le commissaire de police de Delmas, Carl-Henri Boucher, arrivé sur les lieux immédiatement après le hold-up, pour couvrir leur fuite, les trois bandits ayant pris part à l’opération ont tiré des coups de feu dans toutes les directions.

    Un projectile a même touché le véhicule de service du commissaire, mais aucun blessé n’a été enregistré dans les rangs des forces de l’ordre ni au sein de la population civile.

    Parvenant à semer les policiers qui s’étaient lancés à leurs trousses, les assaillants ont eu le temps d’abandonner à Delmas 28 le véhicule à bord duquel ils se trouvaient pour en prendre un autre.

    Le véhicule retrouvé est en possession de la PNH, précise Carl-Henri Boucher qui annonce également l’interpellation de deux agents de sécurité de la Sogexpress présents lors du hold-up.

    Optimiste sur l’issue de l’enquête criminelle ouverte sur l’incident, le commissaire croit qu’il pourrait être en mesure de communiquer, dans les prochains jours, des informations importantes relatives à la traque des bandits.

    Aucune information n’était encore disponible sur d’éventuelles pertes financières que cette attaque spectaculaire pourrait avoir causées.

    Plusieurs cas d’insécurité criminelle ont été recensés ces derniers jours dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

    Le week-end écoulé, deux cambistes ont été tués à Pétion-Ville (banlieue est). spp/Radio Kiskeya

    http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6233